Petites conséquences de la privatisation des services publics

Publié le par Jean LE DUFF

    Après deux semaines d'interruption du service de France-Télécom j'ai de nouveau accès à DOMAGNE-DEBATS. La croissance d'un cyprès a nécessité un élagage. Celui-ci a été réalisé par une société privée commanditée par d'EDF. Les choses se sont compliquée quand un préposé à l'élagage a tiré comme un sourd sur la ligne téléphonique qui dessert notre habitation, essayant de dégager une branche qu'il ne parvenait pas à faire tomber au sol. Je dis "tirer comme un sourd" car l'élagueur restait sourd à mes observations quand j'attirais son attention sur les dégâts possibles que son action pouvait occasionner à la ligne téléphonique. En fait je pense qu'il n'en avait rien "à foutre". Je pense que le temps de ses interventions lui était relativement compté par son patron et que dans sa gestion et du mécontentement de son patron et de mon propre mécontentement potentiel, le mien n'a pas pesé lourd.

    Sitôt l'élagueur parti, je n'ai pu que constater l'évidence: ma ligne téléphonique était interrompue. J'alerte alors France-Télécom. Un technicien se présente le lendemain dans la matinée. Je lui explique à la suite de quelle action la liaison téléphonique s'était interrompue. Il m'assura que la défaillance était ailleurs et qu'une équipe interviendrait le mardi suivant pour remédier à cet état de chose. Il m'assura qu'il avait pu rétablir partiellement une possible communication. Effectivement j'ai pu constaté que j'entendais la tonalité habituelle. Nous étions le vendredi je me résolus à prendre mon mal en patience.

    Las, l'après midi notre voisine se rendait compte que les communications qui nous étaient destinées aboutissaient chez elle et que son propre numéro n'était plus accessible. Absents pour le "week-end" nous n'avons nous mêmes constaté que le lundi que nous n'avions plus de tonalité et que les appels qui nous étaient destinés continuaient d'arriver chez la voisine. Au soir de la journée de mardi rien n'était réparé. Nouvelle intervention auprès du 1013. On nous annonça une nouvelle visite d'un technicien pour le lendemain.

    Celui-ci se présenta dans l'après midi du mercredi, diagnostiqua une rupture de ligne sur l'élément qui avait été malmené par l'élagueur et sur un mode éploré m'indiqua qu'il ne pouvait rien faire car il ne pouvait pas, alors qu'il était seul se servir de son échelle (prévention des risques obligent). Il ne pouvait pas non plus faire appel à un camion nacelle car le responsable de celui-ci était peu commode et grognon et n'accepterait jamais d'intervenir puisque subsistaient deux ou trois branches basses du cyprès qui pouvaient être gênantes. Puis il parti après avoir toutefois rétabli la ligne téléphonique de notre voisine.


    En une demi-heure j'ai élaguée les branches incriminées, pris le temps de dégager complètement le terrain, alerter à nouveau -nous étions vendredi- France-Télécom qui m'annonça une nouvelle intervention pour la semaine suivante sans pouvoir me préciser le jour. Par chance cette intervention a eu lieu mardi dernier en matinée, l'élément de ligne  a été changé en une demi-heure au plus avec utilisation  de la nacelle.

    Bilan de l'opération
    -13 jours se sont écoulés entre le premier signalement à
       Franc-Télécom     et la réparation.

    -Cette réparation à nécessité le déplacement en 3 voyages de 4
    techniciens dont deux 
avec la nacelle.
    Le siège social de l'entreprise privée qui intervenait à la demande de   

    France-Télécom est situé à environ 30 km de mon domicile.

    Je pense que l'on éprouve ici de manière concrète ce que coûte à notre société la privatisation des services publics. On s'est beaucoup gargarisé dans les années 80 avec des concepts tel que "Culture d'entreprise" Démarche qualité". Depuis longtemps les entreprises du service public avaient développé dans le personnel la culture de la qualité nécessaire du service à rendre au public. Le souci de maintenir la continuité du service était permanent. Aujourd'hui nos gouvernant y pense seulement comme prétexte pour limiter le droit de grève dans le service public des transports par exemple. Quant à la démarche qualité... comment disaient déjà les penseurs du patronat?... Ah oui, zéro défaut, zéro délai, zéro panne... Il semble bien qu'elle soit de nos jours très largement subordonnée à la recherche du profit maximum. Jamais du temps du service public des "télécoms" un client ne serait resté aussi longtemps privé du service qui lui était dû.
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Publié dans Enjeux de société

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