Le vent des superlatifs, le cap et la boussole
Les médias sont incroyables. Ils ont des perceptions politiques très curieuses. Le deuxième tour des présidentielles nous a montré que 47% de la population française n'avait pas le même point de vue sur l'avenir de notre pays que les autres 53%(*). Autrement dit, sur un total de quelque 36 millions de voix, la différence entre le nombre des voix recueillies par l'un et l'autre des deux candidats est de l'ordre de 2 millions à 2,5 millions qui relèvent essentiellement de la population la plus âgée de notre pays, celle qui participe le moins aux activités productives. Pas de quoi pavoiser pour le camp du vainqueur. Pas de quoi croire que tout est perdu pour le camp des vaincus. Et pourtant que n'a-t-on pas entendu au soir du second tour!
Certes, les règles du jeu institutionnel font que le camp vainqueur aura entre les mains un grand nombre de postes de commande et le cas échéant il faudra que les insatisfaits de la politique qui sera mise en oeuvre créent et développent de nouveaux contre-pouvoir. La monarchie absolue est tombée en 1789 alors qu'elle avait en main tous les pouvoirs car on ne gouverne pas impunément contre les forces vives d'un pays. Il suffit d'un déplacement de position d'un million et demi d'électeurs pour que la majorité formelle d'aujourd'hui soit minoritaire dans le pays. Ce ne sont pas des raisons idéologiques qui imposeront ces changements mais la confrontation des uns et des autre aux difficultés de la vie. Ces changements risquent d'être d'autant plus rapides et importants que les illusions auront été plus grandes
Avec les élections législatives sont apparus des qualificatifs et des superlatifs extravagants: Le raz-de-marée, la vague bleue, que dis-je la vague, le tsunami bleu..! Le nombre élevé des abstentions a montré que l'on était plutôt en période de morte-eau démocratique et pas en période de grande marée. Les clapotis qui résultent de la chute, dans les eaux troubles de la politique, du pavé des insuffisances de la gauche, ont certes fait tanguer la barque mais qui peut dire qu'en se reprenant l'équipage ne parviendra pas à reprendre le cap.
Bien sûr la règle électorale déforme le poids réel des courants d'opinion. Les désirs, les souhaits, les espérances des populations ne se projettent pas de manière homothétique dans nos assemblées parlementaire. Une Assemblée nationale de "godillots" presque totalement acquise au pouvoir exécutif ne se souciera pas des attentes du plus grand nombre pour ouvrir des chantiers législatifs. Elle décidera quand elle le voudra de servir qui elle voudra fusse même et surtout au détriment des plus faibles, pour rendre la situation des plus forts encore plus confortable. C'est probablement le sentiment confus de cette réalité qui a conduit les citoyens les moins éclairés politiquement, déçus par le résultat des présidentielles, à s'abstenir aussi massivement. Pourtant, le poids électoral des abstentionnistes du premier tour, peut bouleverser au second tour bien des supputations des stratèges de circonscription.
Demeure le problème de fond:
- notre société est-elle condamnée à subir la loi de la jungle, où la volonté du plus fort, ne saurait être contrecarrée par aucune règle fondée sur des principes de solidarité et de partage?
- L'appropriation par une minorité des richesses produites par le plus grand nombre est-elle une fatalité?
- Ce que beaucoup pensait possible dans le cadre d'un état national est-il hors de portée dans des ensembles multinationaux?
- La solidarité internationale des travailleurs posée comme objectif et comme moyen par les forces ouvrières de 1848 serait-elle à nos yeux inaccessible alors que les moyens de communication, d'information et d'échange se sont extraordinairement multipliés et perfectionnés?
Alors qui est prêt à se mettre au boulot pour creuser ces questions? Il y a beaucoup de chantiers à ouvrir. Au moment où certains continuent de penser que la solution aux faiblesses de la gauche réside dans des fondations ou réorganisations partitaires, il est manifestement apparu tout au long de cette période électorale que ce qui manquait à l'équipage de gauche, c'est un cap et une boussole.
(*)Admettons en première approximation que les quelques 5 millions de français qui n'ont pas pu ou pas voulu aller voter se répartiraient comme ceux qui sont allés voter

Certes, les règles du jeu institutionnel font que le camp vainqueur aura entre les mains un grand nombre de postes de commande et le cas échéant il faudra que les insatisfaits de la politique qui sera mise en oeuvre créent et développent de nouveaux contre-pouvoir. La monarchie absolue est tombée en 1789 alors qu'elle avait en main tous les pouvoirs car on ne gouverne pas impunément contre les forces vives d'un pays. Il suffit d'un déplacement de position d'un million et demi d'électeurs pour que la majorité formelle d'aujourd'hui soit minoritaire dans le pays. Ce ne sont pas des raisons idéologiques qui imposeront ces changements mais la confrontation des uns et des autre aux difficultés de la vie. Ces changements risquent d'être d'autant plus rapides et importants que les illusions auront été plus grandes
Avec les élections législatives sont apparus des qualificatifs et des superlatifs extravagants: Le raz-de-marée, la vague bleue, que dis-je la vague, le tsunami bleu..! Le nombre élevé des abstentions a montré que l'on était plutôt en période de morte-eau démocratique et pas en période de grande marée. Les clapotis qui résultent de la chute, dans les eaux troubles de la politique, du pavé des insuffisances de la gauche, ont certes fait tanguer la barque mais qui peut dire qu'en se reprenant l'équipage ne parviendra pas à reprendre le cap.
Bien sûr la règle électorale déforme le poids réel des courants d'opinion. Les désirs, les souhaits, les espérances des populations ne se projettent pas de manière homothétique dans nos assemblées parlementaire. Une Assemblée nationale de "godillots" presque totalement acquise au pouvoir exécutif ne se souciera pas des attentes du plus grand nombre pour ouvrir des chantiers législatifs. Elle décidera quand elle le voudra de servir qui elle voudra fusse même et surtout au détriment des plus faibles, pour rendre la situation des plus forts encore plus confortable. C'est probablement le sentiment confus de cette réalité qui a conduit les citoyens les moins éclairés politiquement, déçus par le résultat des présidentielles, à s'abstenir aussi massivement. Pourtant, le poids électoral des abstentionnistes du premier tour, peut bouleverser au second tour bien des supputations des stratèges de circonscription.
Demeure le problème de fond:
- notre société est-elle condamnée à subir la loi de la jungle, où la volonté du plus fort, ne saurait être contrecarrée par aucune règle fondée sur des principes de solidarité et de partage?
- L'appropriation par une minorité des richesses produites par le plus grand nombre est-elle une fatalité?
- Ce que beaucoup pensait possible dans le cadre d'un état national est-il hors de portée dans des ensembles multinationaux?
- La solidarité internationale des travailleurs posée comme objectif et comme moyen par les forces ouvrières de 1848 serait-elle à nos yeux inaccessible alors que les moyens de communication, d'information et d'échange se sont extraordinairement multipliés et perfectionnés?
Alors qui est prêt à se mettre au boulot pour creuser ces questions? Il y a beaucoup de chantiers à ouvrir. Au moment où certains continuent de penser que la solution aux faiblesses de la gauche réside dans des fondations ou réorganisations partitaires, il est manifestement apparu tout au long de cette période électorale que ce qui manquait à l'équipage de gauche, c'est un cap et une boussole.
(*)Admettons en première approximation que les quelques 5 millions de français qui n'ont pas pu ou pas voulu aller voter se répartiraient comme ceux qui sont allés voter

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