État des lieux (2):

Publié le par Jean LE DUFF

Ce que nous apprend
la Révolution de 1789
et ses suites

Dans l'article précédent j'écrivais: "Qui ne veut pas que la vie de tous s'améliore? Qui s'y oppose par tous les moyens? Peut-on discuter avec un adversaire hégémonique. A partir de quel rapport de forces on peut espérer le contraindre à tenir compte des besoins des gens".

A l'évidence aucun des gouvernements qui se sont succèdés depuis les décennies n'ont posé cette question fondamentale. Pour eux la question ne se pose pas. Ils se sentent entre gens intelligents, ils partagent une conception du monde, de la vie assez voisine auxquelles ils nous disent qu'il n'y a pas d'alternative. Pour eux le monde est sans doute difficile à vivre pour la majorité des gens mais il faut faire avec. Résignez-vous nous disent-ils, personne n'y peut rien. C'est ce que disait Madame Tatcher "There is not alternative" (TINA).

Peut-on retrouver dans notre propre histoire commune un débat équivalent à celui auquel nous sommes confrontés aujourd'hui? Transportons nous en 1815.

L'armée napoléonienne est défaite. Les monarchie européennes coalisée veulent rétablir la monarchie en France. L'aristocratie reprend sa revanche sur la bourgeoisie industrieuse et commerçante, pourtant celle-ci s'en était bien sortie pendant 26 années. Rien n'était écrit d'avance. Certainement le carcan monarchique légitimé par l'aristocratie et le haut clergé était un frein au développement. L'aristocratie et le haut-clergé subsistaient grâce aux rentes prélevées sur les populations résidant sur leur patrimoine foncier. La bourgeoisie était dans le "Faire" et l'Échange", le développement de ses affaires dépendaient du développement des communications.

La crise alimentaire de 1788  suscitant un mécontentement majeur, en particulier dans la couches les plus pauvres de la société, à créé les conditions d'une expression forte des revendications de tous ordres de la population suscitant l'avènement des États Généraux. Ces revendications étaient diverses, parfois contradictoires. C'est ainsi que dès 1791 la Loi Le Chapelier  interdisait les organisations ouvrières. Olympe de Gouges, qui portait la revendication des droit de la Femme fût guillotinée en 1793. Il n'y avait pas au début du mouvement de revendication d'abolition du pouvoir monarchique bien au contraire. Par contre, l'aristocratie et le haut clergé étaient perçus comme des exploiteurs et comme des obstacles à la bonne information du Monarque, surtout dans les couches les plus populaires.

Toute fois l'idée qu'il fallait de nouvelles règles pour que le Monarque soit mieux informé des réalités de la vie quotidienne à fait émerger en quelque semaine le besoin de donner une constitution au pays, constitution dont l'application serait garantie par le Roi. C'est dans ce cadre que vit le jour la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

En l'espace de 6 années, dans un contexte d'hostilité permanente de la part des monarchies européennes mais aussi de rivalités internes à la bourgeoisie, l'évolution vers un État de plus en plus autoritaire puis dictatorial aboutit à l'empire napoléonien. On peut lire dans l'Encyclopédie Larousse: ".... en cinq ans, la France devient un vaste chantier où les finances, l'administration, l'État, l'économie et la société sont reconstruits. Bonaparte établit la paix à l'intérieur et à l'extérieur ; les Français, d'abord réticents, se rallient à sa personne jusqu'à en faire un nouveau monarque, un empereur, un « roi du peuple ».

La Bourgeoisie française est donc toujours en but à l'hostilité de l'aristocratie et du haut clergé qui refusent de se soumettre au nouvel État en même temps qu'elle fait peser sur les couches populaires les mesures qu'elle prend pour maintenir sa puissance économique. C'est pour cela qu'elle met en place un État fort. La création de la Banque de France, de l'École Polytechnique, des Lycées, du code civil sont autant de mesures qui la servent, de même que le rétablissement de l'esclavage dans les colonies.

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