Une interview saisissante

Publié le par Jean LE DUFF

Voici une vidéo du 19 mars 2012. Je pense qu'elle éclaire singulièrement ce que nous vivons aujourd'hui.

C’était un temps déraisonnable                     Est-ce ainsi que les hommes vivent
On avait mis les morts à table                                                  (poème de Louis Aragon)
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens

 

Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle

Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien

 

Nicolas Doisy est un spécialiste des milieux financiers. Ni pire ni meilleur qu'un autre moralement parlant. il fait son "job". Il n'est pas là pour voler au secours de l'humanité. Sa franchise, son cynisme nous éclaire singulièrement sur la mentalité de ce milieu. Devons-nous les laisser faire? Ce sont des tueurs. Illustration: il y a plus de suicides dans la population des chômeurs que dans celle qui a un emploi. Sont-ils invulnérables? Souvenez vous cette partie de l'interview ou il dit qu'une opposition massive du peuple deviendrait pour ce milieu une angoisse.

Plus précisément voici le texte de cet entretirn sous titré "l'angoisse":

L’angoisse

F.R. : Si je fais un récapitulatif, je me suis amusé à faire des cas à partir de votre document :
Le cas n°1, c’est François Hollande est conciliant et il revient de lui même sur ses maigres promesses de campagne et il libère le marché du travail et en finit avec le CDI comme norme de travail.
Cas n°2, il lui faut une petite pression de ses partenaires européens, une petite concession qui lui sert de prétexte, et derrière il libéralise le marché du travail.
Cas n°3, il refuse de se plier à ce programme, à cette injonction, et alors les marchés vont le punir, le rappeler sérieusement à l’ordre.

N.D. : Oui.

F.R. : Donc là, jusque-là dans les trois cas, quand vous dites, « soit les électeurs, soit les marchés seront déçus », dans les trois cas c’est toujours les électeurs qui seront déçus et les marchés qui gagnent ?

N.D. : Oui oui. Eh bien regardez la Grèce, regardez l’Espagne, regardez l’Italie, regardez tout ce qui se passe en Europe depuis 2010, on a bien vu que de toute façon, à la fin, c’est le marché qui l’emporte. Je ne vais pas encore dire que le marché a nécessairement raison au sens moral du terme, en tout cas il aura raison factuellement puisqu’il s’imposera, c’est clair. Donc, c’est de ce point de vue-là que je le dis, oui en effet. Vous avez raison, les électeurs risquent d’être plus perdants que les marchés.

F.R. : Je propose un quatrième cas, l’irruption du peuple sur la scène de l’Histoire.

N.D. : La prise de la Bastille numéro 2.

F.R. : Hier, à Paris, y avait, bon, on va pas chipoter, 80 000, 90 000, 100 000, 120 000 manifestants à l’appel du Front de gauche. Si, comme en 1936, on avait une élection qui s’était suivie de mouvements de masse, de manifestations, de grèves…

N.D. : Qu’est-ce qui se passerait en Europe ? Ben là je crois que c’est le gros coup d’angoisse, parce que si, quand les grecs manifestent, on a déjà une Europe qui se sent sur le point d’exploser, je vous laisse imaginer pour la France.
C’est bien pour ça que je passe mon temps à répéter dans cette note que j’espère bien que François Hollande se souvenant de ses années de formation en 81-83 auprès de François Mitterrand évitera précisément de laisser se développer ce genre de scénario à nouveau, ou en d’autres termes trouvera la formule politique qui lui permet de vendre les réformes à la population française d’une façon qui soit acceptable…

 

 

Que faut-il en conclure?

Que les "ÉTATS" et le nôtre en particulier, sont au service des marchés financiers?... A eux, les "États", de faire avaler des couleuvres aux électeurs?

En même temps, la simple idée de voir les gens se dresser en masse contre eux "les marchés financiers", les rend anxieux. Il y a quelques jours, avez-vous remarqué combien les têtes de file de l'Union Européenne s'allarmaient du simple fait que les grecs placeraient "Syrisa", l'équivalent du Front de Gauche en France, à la tête de l'état grec? La Grèce 1,5% de la population européenne peut donner des sueurs froides à l'Europe au service des marchés financiers!

Pouvons nous mieux comprendre se qui se trame autour de nous, pour, enfin, exercer à plein notre rôle de citoyens? Bien tenir notre rôle, pour rester en phase avec le poème d'Aragon, et stopper les dégâts causé par l'impérialisme financier.

Cet impérialisme financier à mis les "États" sous sa domination. Ces "États là ne sont plus un recours, une sauvegarde, pour le monde du travail. Il nous faut restaurer de vrais états démocratiques. La Grèce à commencer de le faire.

Et nous, c'est pour quand?

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